On the road with a backpack full of vomit
octobre 26, 2007
The snowman was drinking more than usual that night. That was no small feat considering that the temperature was over the freezing point in the apartment and the chance they he would liquefy to just that much water with a few dark spot of Manhattan mix in all that dirty water was pretty good.
Fred didn’t much care for the snowman. He was drinking his last dollars and knew that tomorrow morning would be painfull, not even considering that it was only Tuesday. Getting all fucked up with no good reasons is kinda cool on the weekend but in the middle of the week, Fred found that more depressing. An old reflex from when he was “an asset to society” probably. The last time he cashed a cheque for weeks worth of work was way behind him.
Too much Bukowsky and a lazy mother, probably. He woke up one morning, a long time ago and could not find a single good reason to go to work, to be part of the rat race. Then, he was not an alcoholic, didn’t do drugs. He was just another drone trying to make sense of an insane life by forcing the square peg of normality in the round hole of reality.
Now, he was drinking with anyone and their worst friend. The snowman had already lost its carrot nose and Fred was thinking of fresh basil and banana seat bicycle.
À suivre
T’en auras pour ton agent sur l’Île !
octobre 5, 2007
Une ville – une île même – composé entièrement d’agents immobiliers et de conjointes et de conjoints d’agents immobiliers, de futurs agents immobiliers et d’anciens agents immobiliers !
Notez bien que ça n’en fait pas tant que ça car les nouvelles générations d’agents immobiliers ont tendances à exercer un genre de consanguinité professionnelle. On se marie entre agents, on « s’infidèlise » entre agents, on vieillit entre agents, on assiste aux mêmes shows des mêmes motivateurs.
Assis, près de la fenêtre du Giorgio, Mathieu subit l’assaut visuel de vagues après vagues de petit monsieur aux dents blanches en cravate et de madame en tailleur et talons aiguilles.
Sur l’Île-des-sœurs, toutes les voitures des indigènes sont propres, les souliers sont cirés et les poitrines bien misent en évidence. Ici, pour la femelle de l’espèce, talons haut et vêtements moulant sont expressions de puissance et de suprématie, pas d’asservissement et de soumissions aux désirs des mâles.
Sur l’Île-des-sœurs, on est « Bizness », on possède un laptop avec le dernier processeur même si on n’utilise que la fonction de courriels et le traitement de textes, on tient son Palm ou son Blackberry de la même main que sa cigarette. Ici, sur l’Île, fumer est encore un signe de maturité, « we live on the edge » sur l’Île.
Deux médèmes agentes d’immeubles prennent place à la table derrière celle de Mathieu. Une mère et sa fille, deux générations de Coutu ou de Lessard de l’immobilier. La fille prendra bientôt la relève de sa mère et règnera sur le quartier des fleurs à St-Bruno. Elle aussi enverra des tracts aux portes avec la photo d’une maison de la rue avec une grosse bande rouge « Vendue ».
« Un grand verre d’eau et un spaghetti bolognèse ! »
On joue « safe » sur l’Île, l’eau froide est le nouveau Coke à l’heure du Fitness. Le spaghetti bolognèse, c’est ce qui se rapproche le plus du spaghatte à môman… Pourquoi perdre du temps à essayer des trucs avec des ingrédients difficiles à prononcer : Prosciutto, Bocconccini, scallopino saltimbanco. Bolognèse, c’est suffisamment exotique.
La plus jeune des deux femmes a un visage chevalin faussement joyeux. Cheveux beiges teints blonds (malgré toutes les farces idiotes de blondes – ont ne peut s’empêcher d’y lire un message), vêtements achetés dans une boutique qui vise les filles 15 ans plus jeunes. Sa manucure française a été faite la veille en prévision de la grande soirée du Club Optimiste (dont elle est membre) qui se tiendra ce soir.
Elle explique à sa mère le principe de la table d’hôte : « Pis ça comprend un gâteau pis un cappuccino (elle prononce kapoutechino en tentant de faire de l’effet sur les deux dernières syllabes). » La mère semble avoir compris et opte pour le jus de légume, la soupe, selon elle, ça fait peuple.
Mathieu termine son café et regarde l’heure sur son cellulaire. « Je lui donne encore 5 minutes et je quitte » pense-t-ol. Sur une île d’agents immobiliers, Mathieu en a choisi qui n’est pas ponctuel.
À ce moment, comme c’est souvent le cas, un petit homme avec un visage d’écureuil entre dans le restaurant, comme le rongeur auquel il ressemble, il lève le nez et balaie la salle de son regard, Il aperçoit aussitôt Mathieu et se dirige vers lui.
« Désolé, désolé, Monsieur Pître, j’avais oublié les clés et j’ai dû retraverser la ville pour les récupérer ». Par la ville, l’agent immobilier Lanoix (un nom prédestiné) parle de l’île. Quand Monsieur Lanoix va faire visiter une maison dans l’Est, il ne va pas à Pointe-aux-Trembles, il va faire visiter un condo sur la rue Maheux du côté Est de l’île.
« Pas de problèmes », réponds Mathieu. « On y va ? »
« Bien sûr, bien sûr », réponds l’écureuil avec cette agaçante manie de tout répéter deux fois.
« Prenons ma voiture », insiste le rongeur. Une fois assis sur le cuir craquant de sa RendezVous, l’agent immobilier enclenche le déverouillage à distance. Mathieu prend place mais doit reculer le banc. Ça va de soi, que la femelle du rongeur est plus petite que son mâle.
« Intérieur en cuir, air climatisé, bancs chauffants, j’ai même fait installé une GSP ! » déclare fièrement le rongeur.
« UN GPS pour Global Positionning System ».
« Ah oui, mon erreur, C’est comme le mot « labyrinthe », longtemps j’ai prononcé « Larynbithe. » Le rongeur fait une pause et reprends… « je me suis payé ce petit bijou quand j’ai vendu le penthouse du Château Jacques-Cartier à une vedette québécoise. En passant, saviez-vous ça vous que parmi nos grandes vedettes québécoises, il y a des agents immobiliers ? Marthe Fleurant est dans l’immobilier depuis qu’elle a quitté le monde du spectacle, Dominique Michel a aussi vendue des maisons dans la régions de Saint-Sauveur ».
Mathieu ne répondit pas, feignant un intérêt pour les documents que lui avait fait parvenir Lanoix, ce matin-là, à propos de la propriété à vendre.
« Donc, on parle d’un coin tranquille, où on peut sortir dehors sans automatiquement tomber dans la bulle de son voisin ? »
- À suivre -
10 things Batman shouldn’t have to say
octobre 3, 2007
1 – But officer, the light was still green
2 – I’m Batman Dammit, I just want to use your phone
3 – C’mon Joker, we were young and were just fooling around, get over it!
4 – No Robin, I’M taking the car tonight
5 – Sorry for the mess Alfred but Killer Croc REALLY frighten me this time… can you get me a clean pair of shorts?
6 – Fill her up and fast, Doctor Freeze is getting away
7 – Tell the rest of the League that I can’t make it unless Supe come over and do the oil change on the Batmobile while I reinstall DetectPro 4.0 on the Bat-Computer.
8 – Alfred, did you send the reply card for the Columbia cd of the month?
9 – I’m not gay Selina, it’s just that Robin is more available
10 – No this is not la Boucherie Sanzot, it’s the friggin’ Batcave (For all Tintin’s fans)
Mandardises
octobre 3, 2007
Manda ne discernait plus les odeurs depuis longtemps. Probablement que son odorat s’était échoué sur les rivages accidentés de sa violente odeurs corporelles. Tant mieux pour son fils, Gerry, un débile léger anthropophage qui avait la délicate tendance d’assassiner les hommes de 5 pieds 8.
Gerry considérait ses victimes un peu comme du poulet. Il prenait plaisir à dire que l’homme était comme le poulet, tout y était bon. Pour lui, un homme mort représentait de la bouffe pour quelques semaines, des sous et des cartes de crédit (quand il était chanceux), de nouveaux vêtement et des os à sculpter (qu’il vendait dans des boutiques de touristes du Vieux-Montréal sous le pretexte d’os de grizzli sculpté par les amérindiens).
En plus, avec une mère aux capacités olfactives déficientes, Gerry, pouvait mettre ses restes aux frigidaires pour les conserver plus longtemps. Il protégeait ses restes de sa mère en les mettant dans de petits contenants hérmétiques opaques qu’il armait d’étiquettes ‘Légumes Bouillis”. Sa mère ne mangeait pas de légumes, qu’ils soient bouillis, crus ou radioactifs. Elle compensait cette carence en doublant ou triplant sa consommation d’ail et de patates frites.
Ce jour-là, Gerry venait juste de mettre le pieds dans l’appartement qu’il partageait avec sa mère quand il entendit un gémissement à la fois liquide et gras. Sa mère se tenait dos au frigidaire un plat marqué “Légumes bouillis – curry” dans la main gauche, un pied coupé à la cheville dans la main droite. Pieds qui, la veille, était planté bien solidement dans la sandale Nike que portait en ce moment Gerry.
- Ben calvaire, in pieds pas de “suyer” !
- À suivre –